Voyage en Inde par les membres de Dignity en décembre 2018

Impressions recueillies lors de la visite de nos projets  par Yvonne Lanners, de Tom Schaul et Andrée Margue en décembre 2018.Vous trouverez leurs impressions de cette visite dans les villages indigènes de la région de Paderu (montagnes des Eastern Ghats dans l’Etat de l’ Andhra Pradesh).

Rapport Visite Projets Dignity asbl à Paderu

Paderu, un lieu un peu perdu dans l’Andra Pradesh en Inde du Sud. Non pas perdu parce qu’ils y vivent peu de gens, mais une région moins peuplée que d’autres régions indiennes où la population nous effraie par sa densité. Le paysage autour de Paderu ressemble un peu à notre Oesling, toutes proportions gardées : beaux paysages vallonnées, grands espaces de champs et de forêts, des villages éparpillés de ci de là, difficiles d’accès parce que les routes ne sont souvent pas goudronnées, voire endommagées par les intempéries surtout en temps de mousson. Des villages pauvres, pauvres, on se croirait retombé au Moyen-âge. Mais une population accueillante, hospitalière, un peu gênée par la misère qui s’y présente.

Paderu, une petite localité « ville », centre économique et plaque tournante pour les commerçants et très agitée les jours de marché dans la rue principale. Dans une petite impasse nous retrouvons les membres de l’association Amrutha dans leurs locaux modestes. On nous y attend et pendant 4 jours nous travaillerons de pied ferme, sans relâche, avec ces personnes qui sont devenus des ami(e)s et dont l’engagement nous épate. Quel bel exemple de dévouement à une cause difficile mais qui avec les années fait apparaître ses fruits.

Nous sommes logés dans un « hôtel » -il y en a deux à 3 étoiles minus ! dans toute la localité de 30.000 personnes. C’est propre, mais très bruyant et il ne faut pas sortir le soir, comme on nous l’a recommandé ! Pendant le jour nous faisons beaucoup d’heures de routes pour rejoindre les différents villages dans lesquels sont situés les projets agricoles que nous soutenons avec Dignity. Après 4 ans de travail de formation, d’information, de réalisations exemplaires, à petits pas et avec beaucoup d’endurance, nous constatons le succès des tous ces efforts.

CWS a choisi cette région pour y propager une agriculture durable, sans emploi de pesticides, une agriculture qui se base sur la production de denrées adaptées aux sols et au climat de la région, une agriculture diversifiée qui permet plusieurs récoltes par an. Nous visitons les villages où des jardins regorgent de légumes variés, où la construction d’étangs et le captage de sources permet une irrigation continue des champs – aussi en temps de sécheresse – mais aussi une pisciculture qui donne des protéines aux villageois. Les villageois nous accueillent avec un sourire curieux, et avec fierté ils nous montrent les résultats de tant d’efforts et de persévérance. Construire des adductions d’eau sur un terrain escarpé sur plusieurs kilomètres n’est pas une mince affaire, nous le constatons en montant nous-mêmes à la source ! Des poulaillers communs à tous les villageois sont inaugurés lors de célébrations traditionnelles avec rituels des noix de cocos, chants et danses. On nous dit que maintenant la nourriture pour les familles est assurée pour toute l’année.

Il y a encore beaucoup à faire, dans le domaine médical – les membres d’Amrutha soutiennent les personnes en besoin à faire des demandes auprès du gouvernement pour pouvoir bénéficier d’aides gratuites – , dans le domaine de l’éducation – nous avons visité une « école du soir » sous un petit auvent où, en soirée, des femmes avec leurs enfants viennent apprendre les rudiments de l’alphabet et du calcul.

Nous prenons part aussi aux réunions d’information des femmes pour les encourager à connaître leurs droits et en faire usage. Nous assistons à des réunions de formation pour les villageois à propos des herbes médicinales qu’ils vendront à un hôpital ayurvédique avec lequel a été signé un accord il y a un an. Nous rencontrons les membres de la coopérative qui vendent leurs produits bio à Paderu, mais aussi à Vishakapath –une grande ville à 3 heures de route de Paderu- selon le système calqué sur le mode de vente de Terra (à Luxembourg).

Au retour des visites on nous sert de bons repas indiens, nous échangeons nos impressions, nous discutons les projets (succès, améliorations possibles, prévision pour les années à venir) et nous fêtons l’amitié. Le but est que, quand Dignity se retirera des projets, ceux-ci pourront fonctionner de manière indépendante.

Nous exprimons notre pleine reconnaissance à Vrinda qui coordonne les projets en tant que responsable de CWS ainsi qu’aux membres de l’association Amrutha (sur place à Paderu).

Merci à Tom Schaul pour les photos inédites et Andrée Margue pour le texte vivant.


Voyage en Inde par les membres de Dignity en janvier et février 2018

Impressions recueillies lors de la visite d’ Yvonne Lanners, de Tom Schaul et Malou Biver en janvier et février 2018.Vous trouverez leurs impressions de cette visite dans les villages indigènes de la région de Paderu (montagnes des Eastern Ghats dans l’Etat de l’ Andhra Pradesh), ainsi qu’avec des femmes issues des communautés marginalisées autour des villes de Tiruchirappalli (Trichy) et de Dindigul dans l’Etat du Tamil Nadu sous les projets respectifs.


Développement rural de 50 villages indigènes

Infographie
Agriculture intégrée Coopérative agricole Gestion intégrée des ressources en eau Valorisations des produits agricoles Agriculture biologique Création de revenus Accès aux aides étatiques Alphabétisation Amélioration des soins de santé Stratégie de mise en place d’une sécurité alimentaire pour les villages indigènes « adivasi » dans la région de Paderu Etat d’Andhra Pradesh, Inde<

Agriculture intégrée

La diversification des cultures (horticulture, légumes, maïs,…) si possible au niveau d’un potager familial permet plusieurs récoltes par année. Les élevages de poules et de poissons garantissent un apport nutritionnel supplémentaire. L’intégration de l’ensemble de ces pratiques au sein d’un seul ménage permet en outre de répondre à des intempéries ou sécheresse, aléas de la nature.

Coopérative agricole

Les agriculteurs de chaque village s’organisent dans une société de producteurs (village level producer society, VLPS). Les VLPS de l’ensemble des villages sont réunies dans la coopérative agricole « Joodla ». « Joodla » assure notamment la distribution de semences à partir de banques de semences, la valorisation des produits, ainsi que la vente des produits. Les agriculteurs n’ont dès lors plus besoin de vendre individuellement leurs produits ou de passer par des marchands intermédiaires.

Gestion intégrée des ressources en eau

Bien que les précipitions annuelles dans la région soient équivalentes à celles du Luxembourg, les ressources ne sont souvent pas utilisées durablement. Le captage de cours d’eau et de sources vers des bassins de rétention permet aux villageois d’utiliser l’eau pendant toute l’année aussi bien pour la pisciculture que pour des fins d’irrigation, sans pour autant nuire aux écosystèmes. Ceci garantit aux villageois un apport nutritionnel supplémentaire et plusieurs récoltes par an. L’eau est gérée au niveau communautaire. Les cultures utilisées sont relativement peu consommatrices en eau. Dans certains villages, la gestion des ressources en eau inclut également le renforcement des systèmes d’adduction en eau potable. Cette tâche incombe aux autorités locales, qui ne disposent cependant pas de moyens adaptés pour couvrir l’ensemble des villages de manière adéquate.

Valorisations des produits agricoles

Les agriculteurs membres de la coopérative « Joodla » déposent leurs récoltes de céréales au « processing center » géré par notre partenaire Amrutha. Dans ce centre, les graines sont nettoyées, concassées et pulvérisées au moyen de machines modernes. Les farines et les semoules sont alors vendues à des prix plus élevés que les produits bruts que les agriculteurs avaient l’habitude de vendre avant l’instauration du projet.

Agriculture biologique

Dans le cadre du projet des engrais azotés organiques sont utilisés exclusivement. Aucune application de produits phytopharmaceutiques à base chimique n’a lieu. Les semences et les plantes ne sont traitées que par produits naturels (p.ex. plante Neem, Jeevamrutham).

Création de revenus

3 sortes de revenus sont générées par le projet :

L’agriculture intégrée permet de produire un surplus par rapport aux besoins de consommation propre.

En novembre 2018, une convention a été signée entre la coopérative agricole Joodla et l’institut de produits de traitement ayurvédiques, Arya Vaidya Pharmacy (AVP). Les plantes médicinales locales serviront d’ingrédients aux produits fabriqués par AVP. Une partie du revenu de vente sera versée aux agriculteurs. La partie restante sera gérée par Joodla pour réaliser des investissements pour le bien communautaire. AVP s’est également engagé à la formation de jeunes bénéficiaires dans le domaine de traitements ayurvédiques.

Création d’un revenu supplémentaire par la vente de farines et de semoules fabriquées au « processing center ».

Accès aux aides étatiques

L’État offre différents soutiens aux populations indigènes. Les responsables de notre projet informent les bénéficiaires des aides disponibles et les guident à travers les processus administratifs parfois lents et difficiles. Ainsi, des pensions ont été obtenues pour des personnes âgées, pour des handicapés et pour des veuves. Dans plusieurs villages, des poulaillers financés par l’État ont été réalisés. Nos partenaires apprennent aux bénéficiaires de gérer cette acquisition : vacciner les poules, couver des œufs et protéger l’endroit face aux ennemis naturels. Suite à l’initiative de nos partenaires, les autorités offrent également des poissons à ceux qui ont creusé des étangs. Nos bénéficiaires ont également reçu de jeunes arbres fruitiers qu’ils ont intégrés dans leur agriculture. L’État a également comme mission de construire des systèmes d’adduction en eau potable. Faute de moyens étatiques, les réalisations de notre projet renforcent dans les villages nécessiteux la distribution et le bon fonctionnement à long terme de ces systèmes.

Alphabétisation

Les cours d’alphabétisation du soir sont donnés par des jeunes filles qui ont fréquenté l’école primaire pendant 10 années. Les bénéficiaires qui y participent apprennent tout d’abord à signer le reçu de leur vente par leur nom et non par poser l’empreinte du doigt. Ensuite, elles sont familiarisées avec les nombres. Ceci les rend capables d’évaluer la quantité de leurs produits à vendre. Ces deux techniques élémentaires renforcent leur estime de soi.

Amélioration des soins de santé

Les services de santé sont difficilement accessibles aux populations des villages. Pour cette raison, des camps médicaux sont régulièrement organisés par nos partenaires locaux. La région de Paderu est aussi connue pour sa grande variété de plantes médicinales. Notre projet valorise la tradition de traitement de certaines maladies (maux de tête, infections cutanées,…) par des herboristes. Des formations ont lieu avec une attention particulière au renforcement de capacités de jeunes herboristes « en herbe ».

Stratégie de mise en place d’une sécurité alimentaire pour les villages indigènes « adivasi » dans la région de Paderu Etat d’Andhra Pradesh, Inde<

Situation au départ

Les villages indigènes de la région de Paderu sont situés dans une région montagneuse isolée et difficilement accessible. Nombre d’habitants souffrent de malnutrition chronique. Les cultures traditionnelles (légumes, céréales,…) ont souvent été abandonnées au dépens de cultures dites commerciales (café, poivre,…). Les villageois qui possèdent souvent un niveau d’éducation bas, vendent leurs produits soit individuellement soit à des marchands intermédiaires à des prix dérisoires. La pauvreté, l’insécurité alimentaire et l’isolement engendrent une situation de santé précaire.

Objectifs du projet

L’objectif du projet actuel débuté en 2015 et co-financé par le Ministère des Affaires étrangères et européennes du Gouvernement Luxembourgeois, est de garantir jusqu’en septembre 2019 une sécurité alimentaire pendant 10 mois par année pour 1.000 familles bénéficiaires dans 50 villages indigènes. Entre septembre 2019 et août 2022 il est prévu d’étendre, dans le cadre d’un nouveau projet, le nombre de bénéficiaires à 2.000 familles dans les 50 villages tout en garantissant une sécurité alimentaire pendant l’ensemble de l’année. Des bénéficiaires seront également atteints dans 10 villages indigènes supplémentaires.

Le projet est mené en collaboration avec nos partenaires Center for World Solidarity (CWS) et Amrutha Welfare Society (AWS). Ces partenaires assurent un suivi direct des bénéficiaires et garantiront une implémentation durable du projet sans aide externe à l’échéance 2022. La sécurité alimentaire sera garantie par 9 piliers.

Présentation du projet:

Les indigènes de la région de Paderu – un demi-million (7% de la population) vit dans la région montagneuse des Eastern Ghats, difficilement accessible. L’insécurité alimentaire croissante et une situation de santé de plus en plus précaire sont le résultat de difficultés multiples, p.ex de longs trajets à pied pour aller vendre leurs produits aux marchés hebdomadaires ou encore la vente obligatoire de leurs récoltes à des marchands intermédiaires à des prix trop bas.

Le but global du projet est de regrouper les habitants des 50 villages en coopérative afin de leur assurer une sécurité alimentaire et de garantir des prix fixes sur les marchés des grandes villes.

Développement du projet:

Le succès du projet est basé sur l’approche communautaire et sur l’implication des bénéficiaires:

– le renforcement de la sécurité alimentaire pour 1000 familles par la création de 750 potagers et des cultures de céréales respectueuses de l’environnement

– la création de coopératives organisant la vente du surplus des récoltes sur les marchés hebdomadaires

– la promotion des soins de santé par des formations en phytothérapie et la culture de plantes médicinales

– l’aide aux illettrés afin de profiter auprès de l’administration des aides étatiques (points de distribution de riz, construction de latrines et d’approvisionnement en eau potable, des étangs de pisciculture)

Durée du projet : avril 2016 – mars 2019

Coûts: 207.000 euros sur 3 ans

En juin 2016 Dignity asbl a eu l’accord du Ministère de la Coopération et de l’Action humanitaire du Grand-Duché de Luxembourg.

Partenaires en Inde : Center for World Solidarity (Hyderabad), Amrutha Welfare Society (Paderu)

Donateurs importants (>1.000 euros) : Gouvernement luxembourgeois, Rotary Club Schuman, Fraen an Mammen Saeul, Femmes d’Europe Bruxelles